Point trop n'en faut...
- Les distantes
Les "icônes" : ces grands-mères lointaines communiquent peu mais occupent leur place dans la famille. Elles sont présentées, aux yeux de leurs petits-enfants, soit comme des personnages mythiques, soit comme des personnages passifs et réifiés, des "bibelots". Ces styles appartiennent plutôt au passé, mais on les trouve encore aujourd'hui dans certaines familles un peu traditionnelles, ou dans les cultures où se maintiennent des modèles formels de grand-parentalité. Ces grands-mères ont peu d'échanges avec leurs petits-enfants, généralement nombreux, sauf sur un mode conventionnel, et ne cherchent pas à établir de relation personnelle avec eux. Elles restent néanmoins présentes dans le cercle familial.
Les grands-mères "indignes" : oui, certaines femmes n'hésitent pas à affirmer qu'elles sont des grands-mères indignes – avec ou sans humour. Prenant délibérément leurs distances, elles ne veulent pas s'occuper de leurs petits-enfants. Elles considèrent qu'elles en ont terminé avec cette responsabilité, maintenant que leurs propres enfants sont élevés. Elles ont le sentiment du devoir accompli, veulent avoir du temps pour elles-mêmes afin de se consacrer à leur vie propre et à leur conjoint. Certaines femmes ne répondront pas "présentes" à la naissance du tout-petit et à la demande d'aide de ses parents. Elles préfèreront jouir de leur maturité de femme. Il faut dire que l'arrivée du petit-enfant fait changer "visiblement" les femmes de génération et de statut. Plus rarement, la grand-mère qui était peu investie dans la maternité, qu'elle a subie sans l'avoir désirée, ne se sent pas concernée par la grand-maternité. Elle ne s'intéresse pas aux enfants quand ils sont petits, mais souhaiterait qu'ils s'intéressent à elle une fois devenus grands – il est souvent trop tard. Elle est avant tout centrée sur son propre bien-être ou sur sa vie amoureuse. Pour Marie-Thérèse, 60 ans et grand-mère d’une petite fille de 15 mois si cela "l’embête de garder sa petite-fille, elle n’y va pas".
Dans tous ces cas, l'accomplissement de soi est vécu comme excluant la prise en charge des petits-enfants, comme s'il y avait contradiction entre l'un et l'autre. Pour certaines femmes, les rôles d'épouse et de mère ne sont pas conciliables, pour d'autres, étonnamment, ce sont les rôles de mère et de grand-mère qui ne le sont pas, comme si un attachement très fort à son fils ou à sa fille excluait l'attachement au petit-fils ou à la petite-fille. Et quand grand-mère travaille, elle rend aussi un hommage à la conquête par les femmes de leur autonomie, y compris financière, dans les 40 dernières années, une autonomie dont leurs filles bénéficient sans mesurer toujours combien les combats menés ces cinquante dernières années ont été et restent difficiles aujourd'hui. L'accroissement de la population active, dans le dernier quart du XXème siècle, a d'abord été le fait des femmes. L'arrivée du petit-enfant repose alors la question de l'équilibre, difficile et mouvant, entre vie familiale et vie professionnelle. Lorsqu'elles étaient de jeunes mères, nos nouvelles grands-mères construisaient leur carrière. Puis les enfants ont grandi… Et voilà que surviennent les petits-enfants, que les parents les sollicitent pour s'occuper des petits, alors qu'elles-mêmes ressentent souvent le besoin de prendre un peu de temps pour elles-mêmes. Comme Elise qui a dû renoncer à sa liberté tant souhaitée : "je suis une grand-mère qui a du rester toujours là". Elle ajoute, "je voudrais juste avoir les fonctions de grand-mère et pas celles de sauveur par moments".
Alors entre la grand-mère "pompier" qui arrive en courant dès que l’on a besoin d’elle, la "cheftaine", pleine d’idées, la "mère adjointe", "l’intermittente" ou la "matriarche", vous pourrez ainsi vous identifier selon votre degré de proximité avec vos enfants. Tout comme pour votre surnom, vous devrez vous construire, avec vos enfants, un style et un rôle sur mesure. A noter que la diversité des profils dépend des situations, de l’âge, de l’origine et du milieu social.
NOTRE SELECTION
Le livre des grand-mères géniales

De Alison Maloney / Editions Fetjaine / février 2009 / 159 pages / 12,90 €
Présentation du livre : Ce livre s'adresse à toutes les grand-mères jeunes, actives et dynamiques qui ont décidé d'être celle que leurs petits-enfants préfèrent. Elles y trouveront une foule de conseils judicieux, de jeux épatants, de recettes délicieuses et d'anecdotes amusantes, entre autres : Des idées de cadeaux à offrir (ou à éviter absolument). Les trucs et astuces pour soulager les bobos. Des blagues sur les grand-mères. Des histoires de grand-mères célèbres. Des suggestions de loisirs, de sorties... Un livre indispensable et jubilatoire en hommage à toutes les nouvelles (et géniales) grand-mères !
Au bonheur des grands-mères

De Maryse vaillant / Editions Eres / 160 pages / 10 €
présentation du livre : Ce livre est un bonheur pour le lecteur invité à partager quelques moments d'intimité entre une grand-mère, elle-même ancienne petite-fille, et ses petits-enfants, dans un décor où le moindre jeu peut prendre des allures d'aventure, ce "jardin de curé envahi d'herbes folles" qui constitue un lien évident avec le passé, la campagne dont l'auteur est issue et qu'elle rejoint à sa retraite. Hymne au bonheur d'être grand-mère aujourd'hui comme hier, malgré la guerre, la maladie, la mort... mais bonheur avant tout de transmettre, de faire lien entre le monde d'hier et celui d'aujourd'hui.
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