Grand-mère au sein d'une famille nombreuse

Notre experte

Jacqueline Wolfrom, animatrice de groupes de discussion à l'EGPE

Lorsque l’on évoque les familles nombreuses, c’est généralement pour caractériser le noyau familial : parents avec 3 enfants et plus. Cependant, cette expression peut caractériser une réalité concrète et significative pour des grands-parents ayant de nombreux petits-enfants. Quelle est leur place dans une telle configuration familiale ? Comment gèrent-ils cette situation ? Est-il tout simplement facile d’être grand-parent d’une famille nombreuse ?


Jacqueline Wolfrom, animatrice de groupes de discussions à l'Ecole des Grands-Parents Européens (EGPE), et grand-mère d’une trentaine de petits-enfants, a accepté de répondre à nos questions.



- Combien avez-vous de petits-enfants ?


J’ai 30 petits-enfants, et prochainement j’en compterais 31.



- Est-ce que le nombre important de petits-enfants rend plus difficile la situation des grands-parents ?


Ce n’est pas le nombre qui complique la relation existant entre les grands-parents et les petits-enfants. C’est la dispersion. En ce qui me concerne, j’ai des petits-enfants qui habitent dans le Nord de la France, à la montagne, d’autres qui déménagent souvent. Je ne les vois donc pas aussi souvent que quand ils vivaient à Paris.



- Comment arrive-t-on à gérer la relation grands-parents avec autant de petits-enfants ?


Là encore ce n’est pas le nombre qui modifie la relation grands-parents/petits-enfants. Mais c’est l’âge des petits-enfants qui est à prendre en compte. Lorsque les enfants sont très jeunes, les parents nous les confient, on est amené à s’occuper d’eux et à tisser des liens qui compteront pour l’avenir. Quand ils grandissent, les enfants ont d’autres préoccupations que de retrouver leurs grands-parents aussi fréquemment qu’on le souhaiterait. L’école, les amis, leurs centres d’intérêt, les éloignent tout naturellement de nous. L’important c’est de savoir - et pouvoir - combler le fossé qui s’immisce au fil des ans. L’attitude des parents est aussi très importante. Certaines mères, par exemple, peuvent se montrer très possessives et ne supportent pas l’idée qu’une autre personne ait de l’influence sur leurs enfants. D’autres ne vont y voir aucun inconvénient et seront plus enclines à nous confier leurs chérubins, ce qui facilite le dialogue et la relation intergénérationnelle.



- Cette situation de famille nombreuse permet-elle de donner autant d’amour et d’attention que si vous n’aviez que quelques petits-enfants ?


En ce qui concerne l’amour, oui. Il n’y a aucune difficulté, aucun obstacle à l’amour également partagé entre ses petits-enfants. Pour l’attention, en revanche, ça dépend des âges et des activités des enfants. Dans ma famille, l’âge de mes petits-enfants varie entre 1 an et demie et 32 ans. Donc il est impossible que j’apporte à chacun la même attention. En guise d’exemple, je vois certains de mes petits-enfants seulement lorsqu’ils viennent sur Paris pour diverses raisons. Pendant leur séjour dans la capitale, ils s’installent chez moi et c’est un grand moment de bonheur qui nous permet de nous retrouver et de rattraper les moments que l’on n’a pu passer ensemble. A ce moment-là, on leur accorde une attention particulière. Et il est toujours très intéressant d’écouter leurs expériences.



- Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux grands-parents qui sont confrontés comme vous à une famille nombreuse ?


Le plus important c’est d’écouter ses petits-enfants, de les aider à s’exprimer. Notre position de grand-parent est assez privilégiée par rapport aux parents. Car, en notre présence, l’enfant ne se sent pas (ou moins) jugé. Il va donc lui être plus facile d’aborder des sujets qui lui semblent délicats, voire impossibles à aborder avec son père et sa mère. Grâce à mon travail au sein de l'Ecole des Grands-Parents Européens, certains grands-parents ont évolué. Ils ont compris qu’il fallait savoir écouter et surtout ne pas répéter ce qui nous était confié.



- Est-ce qu’il y a des moments où vous ne vous sentez pas à la hauteur face à certaines situations ?


Par nature, je ne me sens jamais à la hauteur. Mais je suis quelqu’un qui réfléchit, qui écoute. J’essaye de faire le maximum. Est-ce suffisant ? Je ne sais pas mais de toute façon, comment savoir si on est à la hauteur ou pas ?



- Quelle est pour vous la grand-mère idéale ?


Il n’y a pas de grand-mère idéale, ça n’existe pas ! Mais il y a des qualités qui sont nécessaires pour favoriser la bonne entente avec les petits-enfants, et la plus importante est l’écoute : il faut savoir écouter, sans juger et apporter les meilleurs conseils par rapport au besoin de l’enfant, par rapport à son âge et à sa personnalité.



Sarah Ganon, mis à jour le 23 décembre 2009


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