Comment faire face au chantage des enfants ?
Votre petit ange vous mène par le bout du nez ? Il n’en fait qu’à sa tête, se roule par terre, vous considère tantôt comme la meilleure mamie du monde tantôt comme la plus méchante si vous ne lui accordez pas ce qu’il veut… Et si le chantage n’était pas l’apanage des plus grands ?

Comment réagir face à un enfant "chanteur"? Réponses avec la pédopsychiatre Edwige Antier.
- Qu’appelle-t-on le "chantage" ?
On parle de "chantage" quand les enfants monnayent leurs efforts contre une récompense matérielle. Le but est double : obtenir ce qu’on désire à un âge où la pulsion ne permet pas de différer son attente et s’assurer que le parent ou le grand-parent se rend disponible au désir. L’enfant n’exercera pas la même pression avec une personne neutre.
A distinguer néanmoins du chantage affectif, qui comme son nom l’indique fait plutôt appel aux affects avec des phrases du genre "tu es méchante maman" , très fréquentes dans la bouche des jeunes enfants.
- A quel âge l’enfant commence-t-il à faire du chantage à ses proches ?
Dès 2 ans, il commence à comprendre qu’il a le pouvoir d’obtenir quelque chose en laissant espérer qu’il va cesser une colère, accepter d’aller au bain… Car c’est à cet âge-là qu’il commence à comprendre les relations de cause à effet. Exemple : Si je me roule par terre, on me donnera ce que je veux pour que je me calme.
- Est-ce que le recours au chantage évolue avec l’âge ?
Avant 5 ans, disons que l’enfant pratique la résistance passive "je ne ferais pas ce qu’on me dit si on ne me donne pas ce que je veux" ; ou active "je me roulerai par terre et hurlerai jusqu’à ce qu’on me donne ce que je veux". En revanche, après 5 ans, l’enfant est capable de s’exprimer et de dire clairement ce qu’il veut. On entend alors plus souvent des phrases du genre "je rangerai mes chaussures si tu me laisses regarder mon dessin animé."
- Peut-on dire que le chantage est un passage obligé de l’enfance ?
Oui. Si on observe l’adulte, on se rend compte qu’il a besoin d’objectifs et de récompenses pour faire un effort. Pour l’enfant, c’est la même chose : il a besoin de plaisir en contrepartie de ses efforts. Mais il ne faut pas se laisser tyranniser par un chantage permanent.
- Revenons justement aux adultes… Est-ce qu’ils n’ont pas leur part de responsabilité ?
Si il est certain que de nombreux grands-parents pratiquent très tôt le chantage de manière involontaire et entretiennent cette relation avec leur petit-enfant. Mais pour leur défense, il faut dire qu’ils manquent d'aide et sont souvent perdus étant donné que ce n'est pas leur rôle d'intervenir dans l'éducation.
- Comment se comporter avec un enfant qui fait du chantage ?
Chez le jeune enfant, il faut être suffisamment attentionné et joueur pour qu’il n’ait pas besoin d’utiliser ce mode de pression pour obtenir un moyen de s’occuper.
Chez le plus grand, il faut éviter de céder en montrant que vous-même différez ou renoncez à certains désirs ; lui faire remarquer que ce qui lui paraissait indispensable la veille ne l’intéresse plus…
- Et si l’enfant n’obéit qu’au chantage ?
Il faut alors se demander si on lui apporte spontanément assez de satisfactions. Il est sûrement en quête de preuves d’affection. Ou peut-être s’ennuie-t-il ? Si l’enfant est très "demandeur" il est recommandé d'en avertir les parents et se faire aider.
Sindy Trudo
NOTRE SELECTION
Faut-il être plus sévère avec nos enfants ?
De Edwige Antier et Aldo Naouri / editions Du Panama / octobre 2008 / 9,50 €
Présentation du livre : Pourquoi nos parents étaient-ils plus sévères avec leurs enfants ? Faut-il supprimer la fessée ? Jusqu’où un enseignant peut-il aller pour se faire obéir, respecter ? Quelles valeurs transmettre à nos enfants ? Quel rôle doit jouer le père ? La mère ? Quelle répartition de l’autorité dans les familles homo-parentales ? Et comment gérer l’autorité dans les familles monoparentales ? Faut-il revenir à une éducation moins permissive ?
Les parents ont besoin d’être rassurés sur le fait que leur progéniture ne sera pas malheureuse s’ils la réprimandent. Ils sont si inquiets pour leurs enfants qu’ils les surveillent trop, sans même en avoir conscience. Toujours pour leur bien, évidemment. Mais du coup, les enfants n’ont plus l’occasion de faire des erreurs. Or, l’expérimentation ne peut exister sans le droit à l’erreur !
Aldo Naouri, pédiatre depuis plus de quarante ans, prône justement un retour à l’autorité : il revient dans cet ouvrage sur l’éventail des erreurs que nous commettons de façon quotidienne envers nos jeunes enfants.
Edwige Antier, explique comment transmettre aux enfants une confiance en soi et une capacité d’adaptation qui vont permettre l’épanouissement. Aldo Naouri, pédiatre depuis plus de quarante ans, prône justement un retour à l’autorité : il revient dans cet ouvrage sur l’éventail des erreurs que nous commettons de façon quotidienne envers nos jeunes enfants.
Eduquer sans punitions ni récompenses
De Jean-Pierre Faure / Editions jouvence / mars 2005 / 96 pages / 4,90 €
Présentation du livre : L'éducation traditionnelle est prisonnière du schéma punitions-récompenses. Dans ce petit livre, fondé sur les apports de la Communication Non Violente, l'auteur propose une approche globale de l'éducation, qui prend réellement en compte les motivations des enfants et des jeunes, l'apprentissage des relations et la découverte de soi-même.
Il invite à un enseignement qui ne soit plus essentiellement l'accumulation d'un savoir défini par des autorités extérieures aux intéressés, mais plutôt une exploration joyeuse, appuyée sur une écoute des élans et des besoins des enseignants comme des élèves. Cette éducation veut permettre le développement d'une intelligence de la pensée autant que du corps, des émotions et, bien sûr, du cœur.
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