Chantal Goya : "Voulez-vous danser grand-mère ?"
"Bécassine", "Pandi-Panda", "Un lapin"... Ces chansons résonnent dans votre tête comme le souvenir d'une enfance révolue... Pas si révolue que ça grâce à la présence indémodable de Chantal Goya. Après une carrière fulgurante, une traversée du desert et un retour en apothéose, cette icône des années 80 revient sur scène avec son personnage fétiche de Marie-Rose. Mais dans l'intimité, on découvre une femme attachée aux valeurs familiales et une grand-mère touchante. Rencontre...

- A quel âge êtes-vous devenue grand-mère ?
J’avais 49 ans. J’ai aujourd’hui 4 petits-enfants : une petite-fille qui a aujourd’hui 19 ans et 3 petits-garçons.
- Qu’est-ce que ça fait d’être grand-mère pour la première fois ?
J’ai ressenti beaucoup de bonheur et d’émotion parce que l’on vit la grand-parentalité avec plus d’indulgence et de générosité qu'en tant que parents. J’étais beaucoup moins proche de mes enfants que je ne le suis de mes petits-enfants car à l’époque j’étais jeune, insouciante, cherchant vite quelqu’un pour les garder afin de vivre pleinement ma carrière. A l’inverse, comme on a vécu tous ensemble pendant 10 ans, je me suis complètement occupée de mes petits-enfants.
- Quel rapport entretenez-vous avec vos petits-enfants ?
Je suis la vraie grand-mère par excellence. Ma belle-fille étant mauricienne, elle a toujours accordé une place importante à la famille comme étant un vecteur de valeurs et de traditions. De ce fait, on ne se quitte jamais. En plus de ça, je suis leur confidente : ils me parlent de leurs secrets, leurs premiers amours comme leurs chagrins.
- Et votre mari Jean-Jacques Debout, quel genre de grand-père est-il ?
Jean-Jacques était complètement gâteux lorsqu’ils étaient petits. Il leurs montrait toutes ses chansons, les emmenait se promener, voir des expositions… Il leurs a fait découvrir un tas de choses qu’il n’a malheureusement pas fait en tant que papa étant donné que nous étions sans cesse sur les routes.
- Vous a-t-on attitré un surnom ?
C’est tout simplement mamie. Je n’ai pas de surnom bizarre. Par contre mon mari, c’est "yayaque".
- Quelles activités privilégiez-vous avec eux ?
Nous allons parfois au jardin d’acclimatation dans le bois de Boulogne. Sinon, je vais les chercher le midi, on se balade dans Paris et on enchaîne souvent avec un bon cinéma. Je voyage aussi beaucoup avec mes petits-enfants : je vais bientôt les emmener au Maroc, après à New York et on s’amuse comme des fous. Je redeviens une enfant en leur présence. Par contre, les gâteaux, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, je les faits tous brûlés…
- Si un de vos petits enfants vous apprend qu’il souhaite devenir chanteur ou artiste, quels seraient vos recommandations ou mises en garde ?
Samantha, ma petite-fille de 19 ans veut déjà devenir comédienne, chanteuse ou faire des photos parce qu’elle est très belle. Son grand-père, en tant que compositeur émérite, s’en occupera de A à Z. On ne la livrera pas comme ça dans la fosse aux lions que représente les agents artistiques. De plus lorsque l’on est soi-même dans le "showbiz", c’est quand même plus simple. On l’a présentera aux bonnes personnes et si cela ne lui plaît pas, elle arrêtera tout. Je suis très à l’écoute de mes petits-enfants.
- Quels regards portent vos 4 petits-enfants sur votre carrière ?
Ils sont émerveillés. A chaque nouvelle tournée, les deux plus petits sont au premier rang pour chanter à tue-tête toutes mes chansons. Quand aux aînés, ils sont admiratifs des chorégraphies, des décors, de la mise en scène…
- A votre tour, qu’est ce que cela vous fait de toucher toutes les générations après 30 ans de carrière ?
Cela m’émeut beaucoup. Je commence une nouvelle tournée avec "Happy Birthday Marie-Rose" (à Paris au Palais des Congrès les 14-15 novembre 2009) et je peux vous dire que les personnes qui viennent me voir en concert sont le plus souvent des jeunes de 30-35 ans qui ont été des enfants d’hier. Le phénomène se reproduit de génération en génération. Lorsque je chante "Voulez-vous danser grand-mère ?", ce sont des cris de joie et des applaudissements en pagaille. Le public a beaucoup de respect et de gentillesse envers moi.
- A quand la retraite alors ?
Moi, je n’ai que la retraite aux flambeaux... Dans ma tête, je me dis : "tu travailleras jusqu’au bout !". M’arrêter ? Pour faire quoi ? Tourner en rond ! Dans ma famille, ils ont tous travaillé très tard et ce sera la même chose pour moi. Pour l’instant, c'est les aventures de Marie-Rose et peut-être que dans 10 ans, ce sera les aventures de Mamie rose… A 67 ans, je ne suis pas prête de m’arrêter.
NOTRE SELECTION
Des poussières d'étoiles dans les yeux

De Chantal Goya / Flammarion / septembre 2009 / 19,90 €
Présentation du livre : Chantal Goya confie ses souvenirs sur le temps des idoles, le cinéma des années soixante, la télévision des années 1970 et 1980, et le monde du spectacle. Elle revient également sur sa vie, l'origine de ses plus grands succès, les hauts et les bas de sa carrière.
NOS INFOS
Chantal Goya en tournée
Retrouvez toutes les dates de la tournée de Chantal Goya sur le site : www.chantalgoya.net














