Comment aider mon petit-enfant somnambule ?
Yeux grands ouverts, visage impassible et démarche lente, votre petit-enfant se promène dans la maison, se sert à manger dans le réfrigérateur à une heure où toute la maison est plongée dans un profond sommeil. Et s’il souffrait d’un accès de somnambulisme ? Marie-Josée Challamel, pédiatre et spécialiste du sommeil de l’enfant nous éclaire sur un trouble fréquent.

Dérivé du latin somnus "sommeil" et ambulare "marcher" le somnambulisme est un trouble du sommeil qui se manifeste durant la phase de sommeil lent et profond (au cours des trois premières heures qui suivent le coucher). Il se caractérise par un réveil incomplet ou "dissocié" : le corps est réveillé tandis que le cerveau est endormi.
Des épisodes plus ou moins longs et fréquents
On estime que 20 à 40 % des enfants connaissent des accès de somnambulisme. Ces troubles du sommeil surviennent très fréquemment entre 6 et 12 ans, à un âge où l’enfant a perdu le réflexe de la sieste. Les épisodes de déambulations nocturnes varient selon l’enfant, peuvent être occasionnels ou pluri-hebdomadaires, très brefs (quelques minutes) ou plus longs (au-delà de 15 minutes). En règle générale, ils ne présentent aucun danger pour l’enfant. Mais on assiste parfois à des accidents notamment chez les adolescents qui essaient de s’enfuir en courant, sortent de la maison si on tente de les réveiller.
Des facteurs favorisants
On distingue plusieurs facteurs qui favorisent les réveils nocturnes : l’existence de cas de somnambulisme dans la famille ; la privation de sommeil ; une activité physique trop intense ou encore une trop grande consommation de boissons avant l’heure du coucher qui peut provoquer des micro-réveils. Chez l’enfant qui présente une prédisposition au somnambulisme, le stress et l’anxiété peuvent également être des facteurs aggravants.
C’est pourquoi il est important de ne pas réveiller un somnambule mais
de le raccompagner tranquillement se coucher. Le matin, au réveil,
l’enfant ou l’adolescent n’aura aucun souvenir de ce qui sera passé la
veille (inutile donc de l’ennuyer avec des questions sur ses étranges
réveils…)
Quels traitements ?
Lorsque les accès sont courts et occasionnels, on ne délivre pas de traitement à l’enfant. On se contente de conseils pour l’aider à régulariser son rythme de sommeil.
En revanche, s’il est sujet à des "accès multiples", il faut alors l’emmener consulter un spécialiste pour vérifier que d’autres troubles du sommeil ne sont pas à l’origine du somnambulisme comme par exemple des apnées du sommeil, très fréquentes entre 3 et 6 ans, des amygdales trop grosses qui empêchent une bonne respiration et provoquent des ronflements, ou encore des secousses dans les jambes. Après investigation, le médecin pourra envisager un traitement médicamenteux, le plus fréquemment utilisé étant la benzodiazépine.
Pour plus d’informations, vous pouvez prendre contact avec les centres du sommeil de votre région (homologués par la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil). Vous en trouverez la liste actualisée sur le site www.sante.gouv.fr
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