Obésité infantile : gare aux idées reçues !
En matière de santé publique, l'obésité infantile est devenue le cheval de bataille du gouvernement. Pour lutter contre ce fléau, il joue la carte de la prévention à grand renfort de messages publicitaires, de spots radio ou télé. Mais quel impact sur les jeunes ?

Pour Patrick Tounian, professeur de pédiatrie dans le service de gastroentérologie et nutrition à l'hôpital parisien Armand-Trousseau, ces mesures sont purement et simplement inefficaces !
En France, seuls 20 % des enfants sont concernés par le risque de devenir obèses, en raison d' une prédisposition génétique. Autrement dit, pour les 80 % restants le risque est nul et ce, quoiqu'ils mangent. Pas assez ciblées, elles sont surtout délétères, souligne-t-il, car elles font de l'alimentation une croisade (contre les mauvaises graisses, les sucres, les pesticides, etc...) bien plus qu'un plaisir, avec comme conséquence directe une augmentation spectaculaire des troubles du comportement alimentaire chez les jeunes (anorexie, boulimie, orthorexie...)
Prévention ou fascisme social ?
Délétère, cette campagne l'est également pour les enfants obèses. Trop souvent présentés comme des jeunes paresseux, laxistes, et sans volonté, ils sont les premières victimes d'un racisme anti-gros organisé, aux conséquences dramatiques sur un plan psychologique. Chaque jour, explique le Pr Tounian, je reçois en consultation des adolescents en très grande souffrance qui ont du mal à exprimer leur mal-être.
Étrangement, quand on les interroge sur le motif de leur venue, les garçons ont tendance à parler de leur difficulté à faire du sport et les filles, à se plaindre de ne pas pouvoir porter la petite robe qu'elles ont vue dans les magazines, poursuit-il. Un discours bien différent de la réalité qu'ils vivent au quotidien !
Une prédisposition génétique
Comment alors justifier cette politique qui semble tenir pour seuls responsables de l'obésité les sucreries et le fast-food ? Fascisme social, simplification à l'extrême ou simple ignorance ?
Comme nous l'explique le Pr Tounian, l'obésité est bien plus complexe et résulte de la convergence de deux facteurs épidémiologiques: l'environnement obésogène (en forte augmentation depuis 30 ans) qui se caractérise par une augmentation de la sédentarité, et de la malbouffe notamment dans les pays industrialisés ET ce qu'on peut appeler "la sélection par l'environnement". On a en effet constaté que les enfants dont les ancêtres vivaient dans des régions géographiques menacées par les famines et les guerres étaient plus sujets à l'obésité. Par exemple, aux Etats-Unis la prévalence de la surcharge pondérale en trente ans a quintuplé chez les Noirs Américains et les Amérindiens alors qu'elle n'a pas tout-à-fait doublé chez les Américains blancs.
Quelle prise en charge ?
Il n'existe pas un mode d'emploi ou une recette miracle pour traiter un enfant obèse. Il faut adapter la prise en charge en fonction de chaque profil et chaque personnalité. Pour certains, on préconisera la restriction cognitive (apprendre à se priver), pour d'autres, on insistera davantage sur le comportement (travailler à re-découvrir la sensation de satiété).
Dans tous les cas, il faudra s'être assuré de la motivation de l'enfant. S'il ne se sent pas prêt, ce n'est pas la peine d'insister, explique le Pr Tounian. Chez certains enfants, le surpoids n'est pas vécu comme une gêne ni une différence. C'est véritablement à l'adolescence, l'âge des premiers flirts, que la volonté de maigrir s'exprime plus nettement, précise Patrick Tounian.
Enfin, pour tous on apportera des conseils en matière de nutrition pour sensibiliser l'enfant à la nécessité de diversifier son alimentation et d'éviter ainsi les carences.
NOTRE SELECTION
Obésité infantile, On fait fausse route
De Patrick Tounian / Bayard culture / mai 2008 / 15 €Présentation de livre : Le Pr Patrick Tounian s’adresse pour la première fois au grand public dans un livre coup de poing. Les consignes de prévention de l’obésité chez les enfants sont relayées sans cesse dans les medias comme dans les écoles.
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Posté par
annabelle le 2009-02-25 18:05:16

De nos jours les enfants ont trop accès aux sucreries et aux friandises qui perturbent leurs habitudes alimentaires. Ils mangent n'importe quoi n'importe quand... Interdire les distributeurs de bonbons et de sodas dans les écoles serait un bon début pour prévenir ces comportements.
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