Accepter l'homoparentalité
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Accepter l’homoparentalité
Ce que l’on peut noter, relève Martine Gross, c’est que bien souvent, la vision des grands-parents change lorsque leur fils ou leur fille leur annonce qu’il cherche à devenir parents à leur tour. Au départ, quand leur enfant leur a annoncé son homosexualité, ils n’envisageaient pas la possibilité de devenir grands-parents.
Avant toute chose, deux enjeux déterminent les relations intergénérationnelles dans ce contexte : l’acceptation de l’homosexualité de l’enfant, et l’acceptation de l’homoparentalité de cet enfant.
Enjeux qui dépendent d’abord de la situation du futur parent. Un couple homosexuel stable qui a un enfant dispose d’une certaine légitimité aux yeux des grands-parents, puisqu’il est structurellement plus proche du schéma traditionnel de la famille. A l’inverse, un homme ou une femme seule qui souhaite faire accepter son projet parental peut rencontrer certaines difficultés. Les grands-parents conservent certaines réserves : il arrive qu’ils s’investissent complètement auprès de leur petit-enfant, comme ils pourraient le faire dans une configuration hétérosexuelle, mais qu’ils n’acceptent pas l’homosexualité de leur enfant. L’image d’un homme seul et homosexuel élevant un enfant ne correspond pas à la représentation classique d’une famille que l’on pourrait appeler bio conjugale (un père et une mère vivant en couple).
Dans certains cas donc, l’arrivée d’un bébé permet d’effacer les tensions éventuelles nées avec la découverte de l’homosexualité de l’enfant. Il arrive même, pour certains grands-parents qui se sentent pleinement investis, qu’il devienne important de s’engager en faveur de la cause homoparentale.
L’acceptation de l’homoparentalité dépend également et surtout de la manière dont les parents abordent l’arrivée de leur enfant. Les grands-parents sont tributaires de la volonté de leur fils ou de leur fille pour avoir ou non des rapports avec leurs petits-enfants. Outre le lien biologique, existant ou non, l’élément déterminant sera donc le souhait du père ou de la mère d’associer sa ou son conjoint à la parentalité. Quand un homme a un compagnon, ou qu’une femme a une compagne, et que leur projet parental est clairement défini comme un projet de couple, les parents entraînent les grands-parents dans ce schéma familial.
Grands-parents et diversité
Parfois très présente dans la vie des grands-parents, la religion ne semble pas être un obstacle à l’acceptation de l’homoparentalité. Dans plusieurs cas, des grands-parents se sont plaints auprès du prêtre de leur paroisse, ou même auprès d’un évêque, qui avaient tenus des propos homophobes ou qui donnaient une image négative de l’homosexualité. Ces grands-parents s’attachent surtout aux valeurs d’amour, de générosité et de tolérance présents dans l’Evangile.
Lorsque les grands-parents ont déjà des petits-enfants biologiques d’un enfant hétérosexuel, les relations avec les petits-enfants issus d’un couple homosexuel sont facilitées. Ils comprennent que ces petits-enfants nés en contexte homoparental ne sont pas différents de leurs autres petits-fils ou petites-filles. Mais là aussi, tout dépend de la manière dont les grands-parents sont "invités" par leurs enfants dans la relation intergénérationnelle.
NOTRE SELECTION
L'homoparentalité en question : Et l'enfant dans tout ça ?
De Béatrice Bourges / Editions du Rocher / mai 2008 / 134 pages / 16 €Présentation du livre : L'avenir de la famille française sera-t-il "homoparental" ? A l'heure où quelques pays européens ont déjà accordé aux couples gays le droit au mariage, la question fait débat en France. Sous la pression électorale, Nicolas Sarkozy songe même à équiper les candidats éventuels d'un véritable kit familial : avec le contrat d'union civile, assimilable en tout point au mariage, auquel serait assorti le statut de " beau-parent " calqué sur le modèle des familles recomposées. Si le droit à l'enfant revendiqué par les couples homosexuels se trouve bien au cœur de ces nouvelles expériences sociojuridiques, étrangement, le droit de l'enfant lui-même semble avoir été relégué aux oubliettes... Car peut-on réellement croire à la neutralité de la sexualité parentale dans la construction psychique de l'enfant ? La souffrance chroniquement observée chez les enfants adoptés, qui n'ont de cesse de retrouver la mère et le père dont ils sont nés, ne risque-t-elle pas de s'aggraver dans le cas où la famille d'accueil ne représente même plus ce modèle ? Passant au crible tous les arguments politiquement corrects en faveur de l'homoparentalité, qui tendent à favoriser les bons soins au détriment du lien naturel, Béatrice Bourges démontre également la nécessité d'une filiation parfaitement reconnaissable par les enfants à travers la possibilité de différencier sexuellement leurs parents. Réunissant les résultats d'une expertise magistrale dans les domaines psychanalytique, sociologique et juridique, dans un contexte élargi aux frontières de l'Europe, elle rétablit ainsi la vérité sur les chiffres de l'adoption, dénonce les véritables enjeux de société qui se dissimulent derrière la revendication familiale des homosexuels et fustige l'abandon de la famille traditionnelle par les responsables politiques, sacrifiée à une minorité. Un plaidoyer à la fois ferme et subtil en faveur des différences... vitales. Puisque l'on ne devient pas enfant, l'on "naît" enfant.
Nous, enfants d'homos : Homoparentalité, une génération témoigne
De Stéphanie Kaim / Editions de la Martinière / novembre 2006 / 171 pages / 13,90 €Présentation du livre : L'homoparentalité est aujourd'hui au cœur du débat de société en France. La question que tout le monde se pose : les homos font-ils de bons parents ? Pour y répondre qui de mieux placé que les enfants d'homos eux-mêmes ? C'est forte de cette conviction que Stéphanie Kaim a enquêté plusieurs mois entre la France et la Californie, berceau de l'homoparentalité dans le monde. Elle a rencontré des enfants d'homos de différentes générations, de différents milieux. Filles et fils de lesbiennes, et plus récemment de gays, ils racontent comment ils se sont construits et répondent sans fausse pudeur à des questions cruciales. Se sent-on vraiment un enfant ou un adolescent comme les autres quand on a grandi auprès de parents homosexuels ? Quelle image se fait-on des hommes quand on évolue dans un milieu de lesbiennes hippies et féministes issu des années 1970 et 1980 ? Quelle est notre sexualité quand on a été élevé par des gays et/ou des lesbiennes ? Quel regard porte la communauté gay sur les enfants d'homos ? Des témoignages uniques, un livre indispensable dans le débat actuel.
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Posté par
Chantal le 2009-02-24 17:31:53

Mère d'un garçon homosexuel de 34 ans qui vient récemment de devenir parent, je me félicite de l'évolution des mentalités en ce domaine ! Quand j'ai annoncé à mes amis et collègues que j'allais être grand-père dans ce contexte, je n'ai eu que des compliments ! Aucune remarque désobligeante ni question embarassante. J'espère que cela deviendra la règle désormais.
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