Mon fils, ma belle-fille et moi !

Chaque étape de la vie d'un couple nécessite des petits réajustements avec sa famille mais surtout avec sa belle-famille pour le bien-être de tous. De la 1ère rencontre au premier enfant en passant par le mariage, les désirs, les attentes mais aussi les responsabilités et les priorités du couple évoluent.


Pour aider parents et beaux-parents à bien comprendre et gérer au mieux ces mutations familiales, voici un petit résumé des situations qui doivent attirer leur attention.


La première rencontre


Le fils informe sa famille qu’il a rencontré "la femme de sa vie". En guise d'introduction, le couple va déjeuner un dimanche midi chez les parents du jeune homme. Sa compagne sans le savoir va pénétrer sur le territoire de sa belle-mère, autour de ce qui demeure un point fort du lien entre mère et enfant : la nourriture.


Quand on se rend dans une famille inconnue, trop souvent on ne sait rien d’elle. La belle-fille va donc instinctivement se mettre dans une position d’observation pour assimiler le maximum d’informations. Malheureusement cela sera interprétée dans la plupart des cas par la belle-mère comme de la distance ou de la froideur. Et si la belle-mère a passé trois heures aux fourneaux et que son fils ayant oublié de lui préciser que sa femme était végétarienne, elle sert avec fierté son rôti de veau... la situation risque de dégénérer ! Elle se sentira blessée, déçue voire exclue ou rejetée; et ce malaise pourra nourrir un ressentiment des années plus tard.



Le mariage



Les familles ne doivent pas s’en mêler ! C’est au couple de décider ensemble, puis d’en informer leur famille respective, sachant que c’est souvent la seule fois où les deux familles vont se rencontrer. Il faut refuser que la belle-mère offre une bague de famille à sa belle-fille, ce qui symboliquement est une erreur et faire en sorte que chacune des deux familles participent à même hauteur aux dépenses du mariage.



La maternité



C’est une période où les femmes (notamment pour le premier enfant) se tournent vers leur mère, considérée comme celle qui doit transmettre. C’est encore elle qui aura une place privilégiée juste après l’accouchement au grand damne de la belle-mère. La belle-mère vit parfois très mal cette mise à l'écart, estimant, à juste titre, qu’elle est la mère de son fils et la grand-mère de l'enfant.



L'éducation



Seul le couple doit décider de la manière d’éduquer ses enfants et il doit le faire entendre aux deux familles. Attention à la gestion des vacances et au mode de garde, ils sont souvent sources de conflits. La belle-mère peut avoir le sentiment ( et parfois à juste titre) que sa belle-fille l’utilise comme baby-sitter de dernière minute mais que le reste du temps elle passe toujours après. Pourtant, la belle-mère doit pouvoir investir sa relation de grand-mère, non pas pour reprocher ou discuter des méthodes d’éducation mais pour faire le lien de transmission générationnelle indispensable au développpement et à la construction identitaire de l'enfant.



La succession



Autre moment délicat : le décès d'un membre de la belle-famille. Il n’est pas rare que la belle-fille se sente exclue de ce moment difficile. C’est un peu le pendant de ce qui se passe à la maternité où la belle-mère a le sentiment de passer en dernier. Si les relations sont équilibrées, elle comprendra, autrement ça sera difficile.

Merci à Lalie Walker, écrivain et psychothérapeute. Auteur de Belle-mère, belle-fille, un mariage à troisaux éditions de L’Archipel.

Vos commentaires
  • Posté par Sylvia le 2009-02-23 18:11:49

    L'anecdote de la 1ère rencontre m'est tout-à-fait familière. A l'époque, je l'avais très mal vécu. Je m étais décarcassée à faire un repas digne de ce nom et ma belle-fille a tout juste picoré. J'ai pris cela comme de la défiance mais je me suis ravisée... C'est une femme très discrète et extrêmement réservée mais que j'apprécie chaque jour un peu plus.


  • Posté par jeannette le 2009-02-23 18:12:33

    Je dois reconnaître qu'il est très difficile pour une femme de ne pas partager les joies de la naissance avec son fils et sa belle-fille. J'ai été totalement écartée les premiers mois qui ont suivi la naissance. J'ai essayé de me convaincre que ma belle-fille traversait le fameux baby-blues mais au fond de moi j'étais vraiment malheureuse.


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