L’aliénation parentale : ce que dit la Justice

Un divorce, bien que signant la séparation dans un couple, ne met pas toujours fin aux conflits entre les conjoints. Il arrive que la séparation soit très mal vécue par l’un d’eux et que ce dernier cherche à rompre l’équilibre familial, remettant en cause le droit de son enfant à entretenir non seulement des relations avec son père (ou sa mère), mais également avec ses grands-parents.



L’enfant, victime de manipulations psychologiques


Pour parvenir à ses fins, le parent recourt à toutes sortes de violences verbales (dénigrement, injures) et autres manipulations psychologiques (mensonges, chantage) visant à discréditer son ex-époux ou épouse aux yeux de l’enfant. Pris en otage dans le conflit parental, l’enfant fragilisé va se soumettre à la volonté de ce parent aliénant et dénigrer à son tour son père ou sa mère, ressentant pour lui de la honte, du mépris voire de la haine… au point de ne plus vouloir le voir. C’est ce qu’on appelle le syndrome d’aliénation parentale.



Diviser pour mieux régner


En plus de priver l’enfant de l’amour de son père ou de sa mère, le parent aliénant tente très souvent de casser le lien qui existe avec la famille de son ex-conjoint et notamment avec les grands-parents. Par leur position, les grands-parents apparaissent comme les piliers de la famille, participent à son unité et à sa stabilité. Pas étonnant qu’ils deviennent alors gênants pour ce parent qui cherche à diviser pour asseoir sa domination sur l’enfant.
Il n’est pas rare que le conflit qui opposait les deux ex-conjoints se cristallise autour des relations de l’enfant avec ses grands-parents provoquant la rupture du lien.
Face à cette situation, les grands-parents doivent réagir en faisant valoir leurs droits devant la Justice par l’intermédiaire d’un avocat.



Un espoir relancé par la Justice


L’aliénation parentale, qui apparait pourtant clairement comme une violation de l’intérêt de l’enfant, plonge non seulement des familles dans le désarroi mais également les juges, pas assez "formés" ou préparés à ce genre de situations de détresse humaine. Relevant souvent du tabou, l’aliénation parentale commence néanmoins à être reconnue grâce à la récente décision du Conseil d’Etat (juin 2008) de rendre la convention internationale de 1990 relative aux droits de l'enfant (CIDE) directement applicable en droit français. Une décision importante en terme de droit à laquelle s’est ralliée la cour de cassation.
Espérons que ces évolutions juridiques relance l’espoir pour des milliers de parents et de grands-parents de renouer des relations saines et durables avec leurs enfants et petits-enfants.



Sindy Trudo


Vos commentaires
Qu’en pensez-vous ?

Pour participer, il faut être connecté en tant que membre

A découvrir aussi
  • Les grands-parents servent de refuge en cas de divorce

    Lire la suite
  • Préservez les petits-enfants des conflits entre adultes

    Lire la suite
  • Divorce après 50 ans : les grands-parents se libèrent !

    Lire la suite