AGIR, la solidarité intergénérationnelle

Notre expert

Thierry Chambolle, président de l'association AGIR
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Depuis 26 ans, les adhérents de l’association AGIRabcd (Association Générale des Intervenants Retraités – actions bénévoles pour la coopération et le développement) font bénéficier de leur savoir faire et de leurs expériences les populations les plus défavorisées. Ces actions de solidarité montrent que le partage entre les générations est essentiel.



A la tête de l’association AGIR depuis cinq ans, Thierry Chambolle nous explique l’importance de l’aide intergénérationnelle.


- Expliquez-nous pourquoi et dans quelles conditions AGIRabcd a été créée ?


Il y a 26 ans, le fondateur de l’association, Jean de Senneville et certains de ses amis cadres se sont retrouvés en préretraite à des âges relativement jeunes (55-56 ans) et ils ont pensé qu’ils avaient encore la capacité de transmettre leurs expériences et leurs compétences aux pays en développement. L’idée a séduit de nombreux cadres et, rapidement, l’association a crû et a commencé à effectuer des missions. D’ailleurs, ces dernières étaient essentiellement financées par les demandeurs de mission et c’est encore le cas aujourd’hui. Progressivement, l’association a développé une activité semblable en France. Actuellement, il y a un équilibre en nombre de journées d’intervention entre l’international et l’hexagone.


- Faire partager les compétences de vos adhérents est l’une des raisons d’être de l’association. Pouvez-vous nous expliquer ce principe de partage ?


Les adhérents disposent de compétences et d’expériences qui se complètent. Près d’un tiers d’entre eux viennent du monde enseignant, la moitié du monde de l’entreprise et le reste du monde de la santé. Ainsi, on retrouve dans l’association des compétences dans l’éducation, dans la santé et dans l’économie. La notion de partage des connaissances s’exerce donc auprès des plus défavorisés, mais également entre les adhérents afin d’être plus performants et efficaces sur le terrain.


- Vos bénévoles, qui sont uniquement des retraités et des préretraités, sont surement grands-parents. Que recherchent-ils par le biais de votre association ?


Pour la plupart d’entre eux, les adhérents ont le désir d’être utile en mettant leurs compétences et leurs expériences à la disposition de ceux qui en ont besoin. Ils se sentent valorisés car ils continuent d’apporter à la société une contribution qui est dans le prolongement de leur vie professionnelle. En même temps, ils cherchent du plaisir pour eux-mêmes afin de l’utiliser pour les autres. Evidemment, les membres ne s’engagent qu’à temps partiel car ils souhaitent profiter pleinement de leurs petits-enfants, ce qui donne à nos adhérents plusieurs sources d’enrichissement.


- Pensez-vous qu’il est possible de créer des solidarités durables entre les générations ?


Personnellement, j’en suis persuadé. Il y a un atout clair dans l’intergénérationnel : le jeune, qui est en difficulté, supporte mieux l’intervention des personnes qui sont du niveau "grands-parents". Il y donc une facilité dans la relation intergénérationnelle une fois dépassée la méfiance initiale. Maintenant, nos actions sont plus ou moins durables en France car l’accompagnement se fait sur des périodes plus ou moins longues. Cela n’est pas si important car le jeune a besoin de s’émanciper de cette relation pour vivre pleinement son futur. A l’international, c’est différent car notre mode d’intervention doit s’inscrire dans un développement durable. Ce que nous voulons faire dans un projet, c’est de mettre des gens en situation de prendre des responsabilités. Dans une école, par exemple, on va s’attacher à former l’équipe de professeurs au lieu de donner des cours.


- Dans ce contexte économique et social actuel très difficile, est-il plus difficile d’aider les jeunes les plus en difficultés à les réinsérer dans la vie active ?


En France, c’est effectivement un peu plus difficile aujourd’hui et plus long d’obtenir cette réinsertion. Mais ce n’est pas une raison pour se décourager car la crise ne va pas durer éternellement. Avec les jeunes, on fait le maximum pour optimiser leurs chances de se réinsérer et de trouver un travail. A l’international, dans les pays en développement, c’est sûr qu’ils souffrent de la crise et que, même pour des missions peu coûteuses, c’est difficile de trouver des demandeurs solvables. Heureusement, grâce à un fonds d’aide au développement qui est alimenté par des dons, on peut aider certains demandeurs à financer une mission.


- Après plus de 25 ans d’expérience, trouvez-vous que transmission et la compréhension entre les générations s’est dégradée ou, au contraire, améliorée ?


Je n’ai pas l’impression que les rapports se soient dégradés avec le temps. Par exemple, dans l’action la plus sensible que nous menons, qui est celle auprès des jeunes sous main de justice, nos travaux d’approche ont toujours été difficiles. Cela n’a pas changé en deux décennies. De toute façon, l’approche intergénérationnelle est efficace à long terme car elle permet de lever un certain nombre d’appréhensions et de réussir là où d’autres approches ont échoué.



Stéphane Pocidalo


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Pour plus d?informations sur les activités de l?association Agirabcd, rendez-vous sur : www.agirabcd.org
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