Aider son fils à devenir père

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- Le
père doit-il être présent à l'accouchement ?

Il est fondamental que le père soit là. Mais "là", ça ne veut pas dire devant le périnée ! Cela peut être assis à côté du visage de la femme, pour partager ce moment ou à côté dans la salle du bébé, s'il ne veut pas garder le souvenir de l’expulsion. Du moment qu’il n’est pas loin, voilà l’essentiel !


- Qu'est-ce que symbolise cette naissance pour le jeune
père ?

Au plan social, c’est le début de la responsabilité. Un immense sentiment d’être indispensable à quelqu’un de tout neuf, pour une vie entière. Au plan familial, il sait qu’il est uni à cette femme pour la vie, à travers le bébé. Enfin au plan personnel, il s’interroge : saurais-je être un bon papa ? Souvent, il se réjouit mais il peut aussi avoir un sentiment de panique.


- La peur... C'est souvent difficile pour un homme d'en parler...

L’homme est pudique, il a du mal avec la parole. Mais ce n’est pas tant à cause de la représentation sociale que de par sa sensibilité, quelque chose de plus intime. Cependant, s'il craint de ne pouvoir assumer son rôle de père "matériellement", ce peut être effectivement un frein à l’expression de sa paternité.


- Le
père peut-il être sujet au baby blues ?

Le baby-blues est hormonal donc réservé aux mères. Mais père comme mère sont sujets à la dépression post-natale. Elle est plus grave chez la jeune mère car plus longue et plus profonde et risque d'être nocive pour le bébé. Le père, de son côté, risque de prendre la fuite réellement ou dans le travail, les copains etc... et accroître de fait le mal-être de la maman.


- L'image qu'on a de son propre
père est à l'évidence très importante. Peut-elle être dans certains cas un obstacle à vivre sa paternité avec sérénité ?

Inspirante ou écrasante, elle sera surtout importante plus tard dans l’éducation. Mais à la naissance du bébé, c’est surtout celle de sa mère qui pèse sur le comportement du père : il voit en elle "la femme" et cela peut le troubler.


- La
paternité se transmet-elle ? Si oui, par qui : les parents ? L'épouse ?

Je trouve très pernicieux que l’on fasse porter aux jeunes mères la responsabilité de rendre l’homme père, de lui "faire sa place". Elle qui se donne déjà tellement au bébé si dépendant à cet âge ! Non, le père doit réfléchir à sa place avant la naissance et ne pas hésiter à se faire aider s’il panique par un professionnel à la maternité.


- Comment rassurer le jeune papa et l'aider à aborder ce nouveau rôle avec confiance ?

Les parents du père peuvent l’aider en valorisant son bébé et sa femme. Les parents de garçons ont trop tendance à glorifier "le coq" et à avoir peur de perdre leur fils s’il se dédie trop au bébé. Surtout, il faut lui répéter qu’un bébé, c’est passionnant, qu’il est normal que la période soit étrange mais que sa femme et l'enfant ont énormément besoin de lui !


- Quels sont les erreurs à ne pas commettre, les mots à ne pas dire au moment de ce passage de relais ?


Les mots qui nuisent sont ceux qui dévalorisent la femme : elle est "trop fusionnelle", "possessive", ne te laisse "pas de place"… Les grands-parents doivent savoir être à la fois discrets, mais présents pour aider et soutenir les jeunes parents. Ils peuvent reprendre l’album de famille pour essayer de se rappeler comment à l'époque ils se sont occupés du père bébé.

Propos recueillis par Sindy Trudo, mis à jour le 24 janvier 2012



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